Entretien avec Eva Esposito, assitante réalisatrice sur le Masque Arabe

17 05 2008

Salut Eva, tu as été assistante-réalisatrice sur le Masque Arabe. Quel a été ton parcours avant d’en arriver là ? Qu’est-ce qui t’as le plus marqué dans ton parcours, dans ta formation ?

Dès mon plus jeune âge, j’ai su que je ferais un métier artistique : c’était ça ou rien ! Un peu radical, mais c’est tout ce que je voulais faire. J’ai eu la chance de tomber dans une famille de cinéphiles. Très tôt, j’ai commencé à écrire de petites histoires. Au lycée, j’ai pris conscience que je voulais réaliser mes propres films. J’ai ensuite fait la fac de Cinéma de la Sorbonne-Nouvelle jusqu’en Master 2. A partir de la licence, j’ai participé à quelques courts-métrages, à différents postes : scripte, co-scénariste, scénariste, réalisatrice. Et depuis 8 mois, je me consacre entièrement au court-métrage, en tant qu’assistante réalisatrice. Quand j’ai réalisé mon premier court-métrage, c’est là que je me suis dit : c’est ce que je veux faire ! Même si ce fut une expérience un peu dure, car j’ai dû assurer tous les postes : réalisation, scénario, régie, démarches diverses. Mais ce fut très formateur et inoubliable !

Comment es-tu tombé dans l’aventure Masque Arabe ? Qu’est-ce qui t’a incité à en faire parti ?

Au mois d’août 2007, j’étais en pleine finalisation de mon mémoire de Master 2 sur David Hockney et les panoramas du XIXè siècle, et je préparais aussi ma soutenance. Je n’avais pas du tout prévu de trouver un tournage si rapidement. Puis je ne sais pas, une intuition, et j’ai regardé les annonces sur internet. Dès que j’ai vu celle de Guillaume pour le Masque Arabe, et dès que j’ai eu le scénario en main, j’ai su que je devais absolument participer à ce film !

Quel a été ta fonction au sein de l’équipe ? En quoi a consisté concrètement ton travail sur le projet du Masque Arabe ?

J’étais donc assistante réalisatrice sur Le Masque arabe. En quelques mots, mon travail a consisté durant un mois 1/2, à organiser les journées de tournages, faire le lien entre tous les membres de l’équipe technique ainsi que les acteurs, s’occuper des autorisations et du matériel de tournage (costumes, matos caméra), faire le lien avec la régie, gérer les imprévus, s’occuper de la figuration, et établir les plans de travail journaliers et les feuilles de service.

Quelles ont été pour toi les particularités techniques et artistiques du Masque Arabe ?

Ce qui m’a plut d’emblée, c’est le scénario et le développement des personnages, que j’ai trouvé très subtil. Et puis le découpage, la manière de filmer de Guillaume et le choix des décors.

Comment s’est passée la relation avec le réalisateur ? Les techniciens ? Les acteurs ?

Le courant est tout de suite passé avec Guillaume Thoron. J’ai tout de suite vu ce qu’il voulait obtenir, et juste après notre première rencontre, j’ai tout fait pour que le tournage se passe du mieux possible. Je dois dire que j’ai surtout admiré son sang-froid et son professionnalisme tout au long du tournage. Il s’agissait d’un projet très ambitieux, avec énormément d’acteurs, des costumes, beaucoup de lieux différents et une grosse équipe. Le tournage a été très agréable, car j’ai eu la chance et la surprise de découvrir une équipe très motivée, impliquée et professionnelle, avec qui j’aimerais beaucoup retravailler.

Merci et à bientôt !

A bientôt !





Entretien avec Charles Sire, scripte du film Le Masque Arabe

17 05 2008

Salut Charles, tu a occupé le poste de scripte durant le tournage du Masque Arabe, quel a été ton parcours avant d’en arriver à scripte ? Qu’est-ce qui t’as le plus marqué dans ton parcours, dans ta formation ?

Parallèlement à mes études, j’ai bossé pendant plusieurs années dans un cinéma d’art et essais en banlieue parisienne (”Les Toiles” de St Gratien) que je fréquentais beaucoup avant même d’y travailler ; en plus mes parents possédaient une collection de VHS qui me donnait le vertige quand j’étais plus jeune : j’ai tellement vu Manhattan que la cassette est devenu presque illisible…

En ce qui concerne mon parcours, j’ai eu le privilège de démarrer en tant qu’assistant scripte sur le dernier film d’André Téchiné, “Les Témoins”, sur lequel il y avait parmi les meilleurs comédiens et techniciens du cinéma français. Je pense que ça a considérablement accéléré ma formation. J’ai plus appris la 1ère semaine du tournage que lors de mes cinq derniers mois de cours à l’école…

J’ai eu la chance de rencontrer quelques scriptes renommées dans le métier qui m’ont prouvés de plusieurs façons qu’elles avaient confiance en moi, ce qui n’est vraiment pas négligeable quand on commence à peine sa carrière. Après j’ai bossé sur d’autres longs métrages en tant qu’assistant et sur beaucoup d’autres courts en tant que scripte. J’ai pu combler des lacunes, améliorer des choses dans ma façon de travailler mais je pense qu’on ne termine jamais complètement sa “formation” dans ce métier tant qu’on à la chance de rencontrer des gens nouveaux qui vous font partager leurs expériences: c’est d’ailleurs ce qui fait pour moi la plus grande richesse de ce métier qui est aussi une passion. Mais pour répondre à ta question et être complètement honnête, ce qui m’a plus marqué, le tout premier jour de mon premier tournage, c’était la profusion de nourriture à la table régie…

Comment es-tu tombé dans l’aventure Masque Arabe ?

Grace à Alexandre Boussat, qui interprète Chevalier dans le film, avec qui j’avais déjà travaillé sur un court et avec qui je m’étais très bien entendu. Il m’a téléphoné un jour pour me parler du film et savoir si j’étais intéressé et dispo. Comme je travaillais en même temps aux laboratoires Eclair d’Epinay, ça a failli ne pas se faire, mais finalement… J’ai rencontré Guillaume une semaine ou deux avant le début du tournage et j’ai pu apprécier sa vision et sa détermination.

En quoi consistait ton poste sur le Masque Arabe ?

Le travail du scripte n’est pas forcément très clair pour quelqu’un qui n’est pas dans le métier. C’est un peu le disque dur, la mémoire du tournage. Il y a évidemment les “raccords” - soit de gestes, de costumes, d’accessoires, de maquillage - entre les plans et les séquences. Plus important, il faut penser au montage : c’est à dire aux enchaînements entre séquences, aux regards des comédiens lors des champs contrechamps, par exemple… Il faut également s’assurer que le scénario soit bien respecté - que certaines répliques ne soient pas oubliées ; à la cohérence du scénario en cas de léger changement de texte ou d’actions… Evidemment, il faut retranscrire tout ça sur papier, soit directement sur le scénario, pour moi, pour les prochains jours de tournage ; soit sur un rapport pour le monteur qui lui ne voit rien du tournage. Le scripte a également un avis sur la mise en scène : cela m’est donc arrivé de donner des conseils à Guillaume, tout comme Xavier, le chef-op.

Parle moi de cet énorme bloc note que tu avais tout le temps sur toi sur le tournage ? C’est un très bel objet, que devient-il après le tournage ?

Si tu fais allusion au scénario sur lequel j’ai écris, rayé, dessiné, accroché des Polaroïds… Il a rejoint les autres scénars des autres films sur lesquels j’ai bossé. Il m’arrive encore de le feuilleter quelquefois. Si tu penses au bloc note avec les feuilles roses: c’est en fait là dessus que je décris chaque plans (mise en scène, dialogues couverts, particularités de chaque prises, conseils pour le montage, réflexions du réalisateur…) et dont j’ai envoyé les doubles au monteur du film (par l’intermédiaire de Guillaume). Les restes des cahiers sont également chez moi, ils prennent gentiment la poussière…

Quels on été pour toi les particularités techniques et artistiques du Masque Arabe ?

C’est un film artistiquement ambitieux avec des moyens limités. Mais il vaut mieux ça que l’inverse, non ? Plus sérieusement, il y a à la base de cette aventure un scénario intelligent, accrocheur et extrêmement bien documenté qui est je trouve bien servi par la mise en scène de Guillaume et le cadre de Xavier, le chef-op. Je pense d’ailleurs que ce dernier ne s’est pas encore remis physiquement de ce plan séquence de 3/4 minutes à la glide-cam sur 200 mètres de distance où il a du descendre/monter des escaliers, courir, s’arrêter, se retourner, se baisser… sans jamais perdre les comédiens du champ de la caméra !

Comment s’est passée la relation avec le réalisateur ? les techniciens ? Les acteurs ?

Ça restera un excellent souvenir… d’autant plus que le tournage a été assez long, on a pas mal changé d’endroits, de décors, etc. Travailler avec Guillaume est un plaisir pour un scripte car il était assez serein sur le plateau, attentif aux remarques et conseils qu’il m’est arrivé de lui donner, et il communiquait beaucoup avec moi et les autres techniciens (l’image, le son, la déco…). Je crois qu’il y a eu une entente entre les membres de l’équipe assez forte. Chacun a respecté le travail de l’autre, ce qui n’est pas toujours le cas sur un plateau avec de jeunes techniciens. Il en reste de très bons souvenirs sur et en dehors du plateau. C’est pareil pour les acteurs qui ont participé à la bonne ambiance générale du plateau et qui se sont tous montrés très professionnels et courageux. Je pense pour certains aux longues heures d’attente dans le froid du port d’Ivry. Avec quand même, une pensée spéciale pour Alexandre Boussat, qui joue Chevalier, avec qui j’avais déjà travaillé sur un court-métrage, que j’ai revu sur un long et qui est un vrai “copain de cinéma” et j’espère bien que nos carrières respectives se croiseront de nouveau.

Un petit commentaire sur la photo ?

Elle correspond à une des phases les plus importantes du boulot, c’est à dire l’observation de la prise où il faut essayer d’avoir un oeil sur le cadre proprement dit (repérer les éventuels intrus comme une perche, une ombre,… bref tout ce qui n’a rien à faire dans l’image) et un autre sur l’action tout en se demandant si ce plan pourra être « montable » avec le plan précédent et celui qui suivra et enfin une oreille attentive aux dialogues et aux éventuelles perturbations sonores. Si je ne me trompe pas cette photo a été prise sur le port d’Ivry fin septembre pour la grosse scène d’action du film avec courses poursuites et fusillades qui a, à jamais, altéré les capacités auditives de la moitié de l’équipe technique ! Je crois que c’est ça qu’on appelle un bon souvenir !





Entretien avec Alexandre Boussat, dans le rôle de Tristan Chevalier

9 04 2008

Salut Alexandre, présente toi rapidement. Quel a été ton parcours avant d’en arriver à acteur ? Qu’est-ce qui t’as le plus marqué dans ton parcours, dans ta formation ?

J’ai su très tôt que je voulais être acteur. Je trouve que c’est un métier extraordinaire qui permet d’explorer différentes facettes de sa personnalité, de chercher à l’intérieure de soi beaucoup de sensations, de partager des choses fortes, soit avec le public ou ses partenaires. C’est une profession de foi aussi, le doute est là. Et la confiance en soi est nécessaire pour avancer.
J’ai suivi la formation de l’Ecole du Théâtre National de Chaillot, j’ai abordé le chant, la danse, l’improvisation, le théâtre classique et des auteurs plus contemporains. C’est important je faire un travail sur le corps. Je poursuis cet aspect-là avec une pratique régulière de yoga ashtanga et de danse africaine. Deux disciplines qui allient le corps et l’esprit.

Tu joues Chevalier dans le film, comment es-tu tombé dans l’aventure Masque Arabe ? Pourquoi as-tu accepté d’en faire partie ?

J’ai répondu à une annonce, j’ai rencontré Guillaume, chez lui, il m’avait envoyé le scénario, j’avais trouvé le projet très ambitieux, le scénario très bien ficelé, et les personnages très bien dessinés. C’est important déjà cette première impression à la lecture, puis la rencontre s’est bien passée, il me voyait soit pour Kovic, soit pour Chevalier. Il m’a parlé du projet et quelques semaines plus tard, il m’appelle pour me dire qu’il me propose le rôle de Chevalier. Evidemment, c’est une opportunité de se retrouver dans un film avec un réalisateur qui connaît aussi bien son sujet.

Quels on été pour toi les particularités techniques et artistiques du Masque Arabe ?

Guillaume dirige vraiment très bien, il est attentif et exigent, il n’a pas de combo sur le plateau, mais il donne des indications de jeu très précises, sur le rythme, les intentions, le relief de la scène, il installe une très grande concentration sur le plateau, on sent qu’il sait ce qu’il veut.

Au niveau du jeu, comment as-tu abordés dialogues ? Le personnage ?

Nous avons eu la chance et le temps de répéter, avec Guillaume et Régis, les scènes d’interrogatoire, puis avec Farès, notamment la rencontre Chevalier/ Farès. La rencontre entre acteurs avant le début du tournage est toujours la bienvenue, faire connaissance avec les autres est important pour moi. Très vite, le “feeling” est passé entre nous, nous avons pris beaucoup de plaisir à jouer ensemble.

Comment s’est passée la relation avec le réalisateur ? Les techniciens ? Les autres acteurs ?

C’est un moment d’échange très important, pour la troisième fois, j’ai retrouvé Charles Sire, qui était script sur le “Sagan” réalisé par Diane Kurys, et sur “Prokalo” réalisé par Adrian Westbrook. C’est agréable de sentir des affinités avec les uns les autres, et de voir qu’une famille se crée.

Quelle est ton actualité ? Sur quel film travailles-tu en ce moment ?

Je passe des essais pour un pilote pour M6 et régulièrement je passe aussi des essais des casting pub, je fais souvent des voix-off pour des documentaires, j’aime raconter des histoires, peu importe que ce soit sur scène, sur un plateau, ou dans un studio.

Un petit commentaire sur la photo ?

J’ai eu de vraies montées d’adrénaline quand je tirais lors de la séquence de fusillade, la formation au centre de Tir de la Police Nationale a été très efficace et enrichissante !

Merci et à bientôt !
A bientôt. Bye !





Entretien avec Céline France, dans le rôle de Yasmina Fares

24 02 2008

Bonjour Céline, tu joues le rôle principal féminin de Farès dans Le Masque Arabe, quel a été ton parcours avant d’en arriver à acteur ? Qu’est-ce qui t’as le plus marqué dans ta formation ?

Après avoir suivi les cours des écoles de théâtre - Studio 34 et Les Enfants Terribles – et obtenu une Licence de cinéma, j’ai poursuivi quatre ans à Montréal ma formation de comédienne. J’ai joué dans plusieurs courts métrages et pièces de théâtre, complété un Master en communication et en journalisme, et animé une chronique cinéma à la radio. J’ai réalisé aussi deux courts métrages et un documentaire “Miroir Nord Sud” en Amérique du sud. Depuis peu je suis rentrée en France avec une formation plus nord américaine qui s’inspire directement de l’Actor’s Studio. En allant voir ailleurs, j’ai appris à signer mon jeu.

Comment es-tu tombé dans l’aventure Masque Arabe ? Pourquoi as-tu accepté d’en faire partie ?

J’ai passé le casting au mois d’avril 2007, quelques jours après, Guillaume Thoron m’a appelé pour m’offrir le rôle de Farès. Le tournage était alors prévu au mois de juin avant d’être repoussé en septembre, ça m’a permis de prendre le temps pendant l’été de faire des recherches sur le terrorisme, l’Islam, les RG, mais aussi sur la Direction de la surveillance du territoire (DST) et la Sous-direction anti-terroriste (SDAT). C’était passionnant. J’ai toujours été attiré par l’univers des « services secrets » mais je n’avais jamais eu l’occasion de l’aborder dans aucun projet. J’étais très curieuse, c’était une nouvelle rencontre pour moi. Le scénario aborde un sujet très difficile de l’actualité française et internationale, mais sur ce fond de lutte anti-terroriste, c’est aussi l’histoire de la rencontre de cultures, d’identités, d’idéologies, de croyances et de réalités différentes et mal comprises.

Quelles ont été pour toi les particularités techniques et artistiques du Masque Arabe ?

Ce qui me vient en tête, ce sont les scènes d’action, c’était très excitant de porter un gilet pare-balles, une arme et de se lancer dans des courses poursuites en tirant. Ca demandait de bien s’accorder techniquement, avec rigueur et précision. Guillaume cherchait à créer un effet documentaire en utilisant une lumière naturelle et quelques plans caméra à l’épaule. En tant que comédienne, il a fallu trouver une vérité de terrain, il n’y a pas eu d’improvisation.

Au niveau du jeu, comment as-tu abordé le personnage ? Les dialogues ?

Je me suis posée pas mal de questions autant sur les RG que sur mon personnage. Je devais jouer une fonction autant qu’une femme. Une femme dans un monde d’homme qui doit prouver à chaque instant son courage et sa volonté de mener sa mission jusqu’au bout. J’ai regardé quantité de documentaires que Guillaume avait enregistrés et sur lesquels il s’était basé pour l’écriture du scénario. Toutes ces informations m’ont aidé à construire mon personnage. J’ai cherché d’où elle venait, son identité, ses ambitions, ses peurs. J’ai beaucoup travaillé sur les dialogues qui demandaient parfois la maîtrise d’un vocabulaire spécifique dû à la fonction de mon personnage. Pour les scènes d’actions, nous avons été accueilli avec Alexandre et Régis au Stand de tir de la Police Nationale pour nous familiariser avec les armes à feu et apprendre la base du tir.

Comment s’est passée la relation avec le réalisateur ? Les techniciens ? Les autres acteurs ?

Durant toute la durée du tournage du « Masque arabe », il y avait une bonne ambiance sur le plateau, même dans les moments les plus difficiles, l’équipe est restée soudée, concentrée et professionnelle. Il y avait un véritable travail d’équipe, et un respect du métier de chacun. Guillaume est quelqu’un de très humain et entier dans ses rapports avec les gens. Il sait diriger les acteurs, obtenir le meilleur d’eux même pour arriver à ce qu’il a en tête. C’est un réalisateur qui sait écouter et qui nous a fait confiance dès le début. J’ai ensuite rencontré mes deux principaux partenaires de jeu, Alexandre Boussat (Chevalier) et Régis Papatico (Kovik) à peine quelques jours avant le début du tournage. Le « feeling » est tout de suite passé entre nous et une vraie complicité s’est installée dans le travail. J’en garde de très bons souvenirs.

Quelle est ton actualité ? Sur quel film travailles-tu en ce moment ?

Je répète actuellement une comédie, « Distributeur de gifles automatique », d’un jeune auteur et metteur en scène, Nicolas Moïssakis. Nous allons jouer au Théâtre de l’Epouvantail dans le 11ème arrondissement à partir du 14 février pour un mois. Je prépare également un long-métrage pour le printemps.

fares.jpg

Et un petit commentaire sur la photo…

Je me souviens très bien lorsque cette photo a été prise. J’étais dans la voiture avec Alexandre (Chevalier), nous tournions une des premières scènes où Chevalier se retrouve en mission avec Farès. Ils sont en train d’observer les allers et venues de l’immeuble d’un suspect, tout en mangeant un sandwich. C’était le matin, nous n’avions pas de sandwichs préparés alors on nous a donné des petits pains briochés. Il en restait juste trois ou quatre dans le sachet. Pour différentes raisons, nous avons refait cette scène plusieurs fois jusqu’au moment où il nous restait presque plus de brioche. On en pouvait plus de manger. On s’est partagé le dernier morceau de pain en espérant que la prochaine prise serait la bonne. C’est alors qu’on a eu une série de fous rires, ce qui n’a vraiment pas arrangé les choses… !





Entretien avec Grégoire Bienvenu, chef Décorateur du Masque Arabe

3 01 2008

Petites questions autour de la fabrication des décors du film et de son chef décorateur : Grégoire Bienvenu.

Quel a été ton parcours avant d’en arriver à chef décorateur ? Qu’est-ce qui t’as le plus marqué dans ton parcours, ans ta formation ?

G.B. : Du plus loin que je me souvienne, je crois que c’est vers l’age de 10 ans que la déco m’a intéressé. A l’époque, j’étais tombé en admiration devant une photo d’un petit guéridon en métal et en verre que j’avais vu dans un catalogue IKEA. Ce jour là, j’ai voulu devenir designer. Ensuite, j’ai toujours adoré dessiner, peindre, sculpter. Puis ce fût le parcours classique ensuite : Bac L option Arts Plastiques, Fac d’Art et de Philo. A la sortie des études, il fallait choisir : prof ou un autre job. Je suis donc parti d’abord vers le webdesign. 5 ans après, je plaquais tout pour partir à l’autre bout du monde. Pendant quelques années, j’ai donc vécu à l’étranger. Chaque jour je découvrais de nouvelles choses. Ma formation, elle vient surtout de là : une grande curiosité pour les objets et les personnes qui m’entourent, quelque soit l’endroit de la planète sur lequel je me trouve. Quelques mois après mon retour en France, j’ai participé à un tournage de court-métrage comme simple assistant déco/constructeur. L’expérience était tellement exceptionnelle que je me suis dit “ok, c’était donc ça cette vocation que tu cherchais depuis tant d’année”. Depuis, ça se passe plutôt bien.

Comment es-tu tombé dans l’aventure Masque Arabe ? Qu’est-ce qui t’a incité à en faire parti ?

G.B. : La personne qui aurait dû faire la déco de ce film à planté l’équipe quelques jours avant le tournage. J’ai dit “Oui” à Guillaume Thoron trois jours seulement avant le premier tour de manivelle. Le challenge en valait le coup. On se confronte à ses propres capacités. C’est pour cela que j’ai dit “Oui”. Je ne l’ai pas regretté.

Comment s’est passée la relation avec le réalisateur ? Les techniciens ? Les acteurs ?

G. B. : J’ai rarement eu de mauvaises relations avec les techniciens ou les acteurs sur les tournages. Parfois, on se comprend mal. J’essaye de résoudre la mauvaise compréhension en parlant beaucoup avec tout le monde.J’ai toujours besoin d’être proche des gens, surtout des techniciens et plus particulièrement du chef op. Sur “Le Masque Arabe”, presque tous les plans ont été tournés en lumière naturelle. Ma proximité avec Xavier (Chef Opérateur) était donc moins forte que sur d’autres tournages (à mon grand regret, parce que Xavier est vraiment une personne formidable). J’ai aussi besoin de parler beaucoup avec le réalisateur, de connaitre ses intentions, ses cadrages, sa mise en scène. J’ai besoin de “voir” le plan autant que le réalisateur pour être certain que la déco est adéquate. En fonction de nos discussions, j’adapte le décor, l’emplacement des accessoires etc.

Quelle est ton actualité ? Sur quel film travailles-tu en ce moment ?

G.B. : J’enchaine film sur film, en passant par des clips. Maintenant, je voudrais vraiment faire quelques pubs mais je n’arrive pas à dire “non” aux personnes qui me contactent. Dans les mois prochains, je dois faire la déco de plusieurs films et d’ une série TV, tous dans des esprits très différents. Je suis donc comblé, car j’adore travailler.

chefdeco.jpg

Un commentaire sur la photo ? A combien de décor a servi cette pièce ?

G.B. : C’est la fameuse pièce aux trois décors (studio de Guillaume). Celui-là, il est très très simple : une tapisserie bleue collée au scotch double-face (sur la photo, on voit les raccords entre les lais mais dans le film, ça ne se verra pas), un pupitre en aggloméré mélaminé que j’ai construit dans mon atelier, le drapeau européen et le drapeau français simplement punaisés dans le mur. Le cadrage était très serré sur l’actrice. Nul besoin donc de fignoler ce qui aurait de toute façon été hors cadre. Pour les drapeaux, on a pris exemple sur la photo officielle de Sarkozy. On les a replacés exactement comme sur la photo officielle. C’est le genre de petits détails qui donnent un surcroit de crédibilité. C’était un décor très simple à réaliser. Ca nous a pris 30 minutes à faire, café compris.

Et bien merci et à bientôt !

G.B. : A bientôt !

Retrouvez Grégoire Bienvenu sur son blog Lechefdeco.fr





Le Premier jour de tournage

20 09 2007

Alors avec un quelque temps de retard voici une toute petit vidéo sur le premier jour de tournage. Le scénario prend enfin vie.





Note scénaristique : sur la scène de l’hôpital

15 09 2007

Kovic, le policier un peu nerveux, interroge Hakim, qui se retrouve blessé dans une chambre d’hôpital. Au départ Kovic le “torture” en coupant un des tuyaux qui l’alimentent.

Une connaissance en première année de médecine, Anne-Sophie, m’a soufflé l’astuce d’inverser l’arrivée du liquide physio et de l’oxygène pouvant ainsi créer une embolie gazeuze.

Et l’idée a justement été de remplacer cette fois-ci un acte de torture par une menace de torture. Le personnage de Kovic n’en prend que plus de dimension, il devient moins directement violent, mais beaucoup plus fin psychologue.

L’action devient plus réaliste non seulement au niveau médical mais aussi et surtout de manière générale. Anne-Sophie m’avait aussi dit que j’étais optimiste pour qu’une simple coupure de « jus » ait un quelconque effet de manière aussi immédiate.

Par ailleurs un article sur Ecran.fr m’a “surpris” : les soldats américains en irak torturaient leur prisonniers en s’inspirant de ce qu’il voyait dans 24 heures chrono… Et on apprenait en substance que la torture physique ne servait à rien, n’apportait pas de renseignements valables… Donc on a réussi a éviter une scène cliché dès son écriture et rendu la bataille pour l’information plus psychologique… et après répétitions, c’est une scène très tendue…





Note scénaristique : réflexion sur les longs discours

14 09 2007

Parfois quand un personnage a beaucoup de choses importantes à dire on se retrouve avec un pavé en plein milieu de la marre scénaristique.

L’astuce que j’ai trouvé consiste simplement à délayer le pavé avec des indications ou des didascalies, voire écrire des répliques pour dynamiser le discours. Et on se retrouve à créer des personnage…

Certes l’approche peut s’avérer un peu artificielle mais tout les moyens sont bons pour construire une scène surtout quand vous avez un réalisateur qui vous sort un monologue d’une page (si si et ça fait peur).

Donc dans une séquence, la jeune inspectrice Farès explique comment elle voit la situation à ses collègues. Le hic, c’est que la réplique n’en finit pas et est très longue. Donc ce qui était une sorte de diatribe est devenu une interview avec des journalistes, et l’effet est plus convaincant et plus dynamique (ainsi que le message).





Note scénaristique : sur la caractérisation des personnages

14 09 2007

Je m’en rends compte de plus en plus, mais je ne travaille pas assez la caractérisation physique de mes personnages. Que ce soit sur mes projets ou sur les projets auxquels je collabore. Je m’intéresse beaucoup plus à la structure du récit dans son ensemble où aux dialogues mais entre les deux il y a comme un fossé. C’est limite si je me dis « Bon lui, il sera grand, brun, la trentaine… et puis c’est tout… » Sur la Masque Arabe je pense que Guillaume et moi avons réussi une bonne caractérisation psychologique des personnages par leurs actes et leur discours mais qu’en et-il de leur apparence ? On s’est plus ou moins mis d’accord sur leur physique hors scénario. Mais je pense qu’à l’avenir il faudra que je travaille plus les expressions du visages, la forme, la manière de s’habiller… Qui indique tout autant qu’une phrase… ou mieux…





Note scénaristique : du nom des personnages…

14 09 2007

Au stade du scénario, je n’aime pas travailler avec des noms de personnages en X, AA, ou « LE JEUNE HOMME », je préfère leur donner nom. Bien évidemment ce n’est pas plus facile si on brade la mesure en disant : lui ce sera Pierre et elle, Marie. Allez hop. Pour le masque arabe, avant de devenir un homme des pays slaves (ex-yougoslavie) KOVIC s’est appelé PERDICAN en référence à On ne badine pas avec l’amour (et oui) de Musset. Tout simplement parce qu’au début de l’écriture Guillaume voulait appuyer le côté mélodramatique et amoureux du film. Alors comme Perdican est un bon looser en amour je m’étais dit que ce nom lui irait comme un gant. Pour ce qui est de CHEVALIER, nous l’avons appeler dans un premier temps RIVAL en opposition à PERDICAN. D’ailleurs comme exemples de films et pour qu’il me donne à voir la structure qu’il souhaitait avoir dans son film Guillaume m’avait indiqué deux films « Une étoile est né » de Cukor et « Diables au soleil » de Delmer Daves où dans ce dernier Frank Sinatra et Tony Curtis se battent entre autre pour gagner le cœur de Natalie Wood qui joue une fille de “nègre”.

En ce qui concerne les noms des terroristes Guillaume et moi avons pioché, faute de savoir ce que signifie parfois tel ou tel nom, dans les noms de… nos amis… Finalement je me demande si ce n’est pas une démarche plus naturelle que de toujours rationnaliser tout ce qui s’écrit… A méditer…

PS : et j’ai appris aujourd’hui que Farès, le nom de famille de notre personnage féminin signifie… Chevalier… Chevalier qui est le nom d’un deux personnages principaux masculins…